MOI, ma vie sur papier

Mon passé noir, mon présent gris

samedi 1 mars 2008

11) ...

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Je viens de prendre dix ans, et je rentre en CM2 avec un nouvel instituteur. Je ne l'aime pas et je crois que c'est réciproque...Le port de la blouse est obligatoire, je déteste ça ! Je ne me plaît pas dans cette nouvelle classe.

L'école ne m'intéresse plus, je ne fait rien, je n'apprend même pas mes leçons je suis souvent punie.

Lorsque le carnet de notes arrive, c'est la dégringolade, de très bonne élève l'année passée je passe à une des plus mauvaises.

Je rentre à la maison tête baissée, je sais d'avance ce qui m'attend...Non seulement je prend une dérouillée mais je suis privée de dîner . J'essaie d'expliquer que je n'arrive pas à suivre que je n'aime pas le maître mais rien n'y fait. Elle ne cherche pas à comprendre, " ma mère " frappe  en me disant que je ne suis qu'une bonne à rien, que je suis bien la fille de mon père et que je finirais mal. Elle tape si fort que j'en tombe dans les " pommes ". Le lendemain je suis marquée mais je veux aller à l'école, elle refuse, je reste à la maison pendant trois jours sans sortir.

Mon grand père meurt peu de temps après. Je suis triste, je viens de perdre le seule personne qui m'aime.

Nous allons à l'enterrement, je pleure comme jamais je n'ai pleuré, ma cousine essaie de me consoler mais je n'arrive pas à me calmer. " Ma mère "est très triste aussi, je ne l'avais pas revue pleurer depuis le départ de papa et ça me fait très mal de la voir comme ça. Je me rapproche d'elle, je m'aperçois que je l'aime encore même si elle n'est pas gentille avec moi. Elle me repousse, je sors de l'église.

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12) ...

Certains dimanche nous allons manger chez mon oncle, un des frères de " ma mère ". Mon oncle doit -être mon parrain et ma cousine ma marraine, il ne me reste plus qu'à baptiser...

Ma soeur aînée communie cette année là, le repas se fait chez eux. J'envie ma soeur, elle est très jolie dans son aube en dentelle, elle ressemble à une princesse. Je pense que c'est à cette époque que je devient jalouse de mes frères et soeurs. Ce jour là, je ne me sens pas à ma place, je quitte la table sans demander l'autorisation. " Ma mère " me rappelle à l'ordre, je sais que je vais m'en prendre une, même pas ! Je pars dans le fond du jardin sous le noisetier et je pleure. Dans ma tête de petite fille je me dis que personne ne m'aime, je me sens seule et papa me manque.

En quatre ans je ne l'ai qu'aperçu que deux fois et encore c'était par la fenêtre de la salle à manger.

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dimanche 2 mars 2008

13) ...

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Un jour, je ramène un mot  de la part de mon instituteur. Il convoque " ma mère " car je n'apprend pas mes leçons. Elle répond qu'elle ne peut pas le rencontrer dans l'immédiat car elle travaille depuis peu. C'est vrai !

Elle n'y arrive pas financièrement alors elle fait quelques heures de ménage pour arrondir les fins de mois. Elle  met un mot dans mon cahier en disant qu'elle s'occupe de me faire apprendre mes leçons. Pour me faire apprendre, elle me les fait apprendre...

Lorsqu'elle ne sort pas le soir, je reste avec elle dans la cuisine pour apprendre. J'essaie de retenir mais je n'y arrive pas. Elle me crie dessus et à chaque fois ça fini par des claques ou alors elle me met dans un coin jusqu'à ce que je sache par coeur.

Certains soirs, je m'endort sur mes cahiers pendant qu'elle repasse. Ca peut durer très tard, je ne vais pas me coucher jusqu'à ce que tout soit rentré dans ma pauvre tête. Le lendemain, je ne sais plus rien lorsque l'instituteur m'interroge.

Mon frère continue à ma faire du mal, je continue à mouiller mon lit, les coups pleuvent dès que je me lève.

Un soir mon frère ramène un chat à la maison, c'est une femelle toute noire avec de grands yeux verts. " Ma mère " ne veut pas de bête à la maison mais elle cède devant la colère de mon frère.

Je m'attache à cette boule de poils, je ne la lâche plus, je l'appelle Minette.

Je fais semblant de dormir mais ça ne marche pas, il me demande de le rejoindre. Je ne veux pas y aller, je commence à pleurer. Il attrape Minette par la peau du cou, ouvre la fenêtre de la chambre et me dis que je n'ai le choix. Le chat par la fenêtre ou je viens dans son lit. Il gagne encore ! Je prend mon lapin et je vais dans son lit, il aura ce qu'il veut.

Ma grande soeur travaille très bien au collège tout comme mon autre frère.  Ils sont toujours les premiers de la classe, alors j'essaie de mieux travailler même si je n'aime plus l'école...

Mon caractère commence à changer, je me rebelle en répondant et j'en fais baver aux deux plus petits. Même si j'en prend plein la figure part " ma mère ", je m'en fiche ça ne change pas. Tous les coups sont permis, ils sont plus petits que moi, donc je suis la plus forte.

Un matin je me lève et je vais dans la chambre de mes soeurs. Elles dorment toutes les deux alors je prend une paire de ciseaux et je coupe une grande mèche de cheveux à ma petite soeur. Elle se réveille, appelle " ma mère " et me demande pourquoi j'ai fait ça. Je ne répond pas mais je la fixe droit dans les yeux. Elle m'en met une et je lui dit que c'est pas juste que je ne veux plus qu'elle me coupe les cheveux. Elle m'attrape par le bras et m'envoie valser dans le couloir. La porte de la chambre du fond me fera rebondir, j'ai un bleu sur la joue et je ne retourne pas à l'école pendant huit jours, prétextant à mon institeur que j'ai la grippe.

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lundi 3 mars 2008

14) ...

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Il y a des repas où sa se passe mal pour moi. Le pire c'est celui du riz à la sauce tomate, je haie ce plat !

Mon frère D..... commence à m'embêter à table, il se moque de moi, il me regarde et rigole mais je ne sais pas pourquoi. Tout le monde se marre, sauf moi. Je commence à m'énerver, je chouine. " ma mère " me crie dessus, je ne sais pas ce qui me prend, j'attrape mon verre d'eau et je le balance dans la figure de mon frère. Il ne rigole plus et moi je pleure encore plus car c'est encore moi qui prend une claque. Je ne suis pas privé de manger mais " ma mère " m'envoie finir mon repas dans la salle de bain. Je décide de ne pas manger mais que faire de mon repas ? Je balance tout ce qu'il y a dans l'assiette par la fenêtre. J'aurai dû réfléchir...

Elle me fait nettoyer la cuisine avant d'aller me coucher. Je termine le ménage et je part dans ma chambre, j'ai la paix, enfin presque parce qu'elle sort ce soir.

Ce soir là, elle emmène tout le monde sauf bien évidement mon frère et moi, c'est ma " fête " !

Je fais semblant de dormir comme à chaque fois et pourtant je sais que ça ne change rien, mais sait-on jamais...Je serre mon lapin très fort contre moi en priant pour qu'il ne m'embête pas. Il dégage Minette de mon lit. Je pleure, je sais ce qui m'attend. Je suis loin du compte...Il soulève ma chemise de nuit et me patrouille en m'embrassant partout. Je lui met un coup de pied, je ne veux pas. Il attrape mon lapin et me dit que si je ne veux pas il le jette dans le vide ordures. Je me laisse faire, l'enfer commence...

Il s'assoit sur le lit et me demande d'en faire autant mais sur lui. Je sens son sexe contre mes jambes. Il me demande de me pencher, il n'y arrive pas, il me fait mal. Je pleure. Il part dans la sale de bain et  revient avec un tube de crème ou de pommade, je ne sais pas et il en met partout sur son sexe et moi il m'en met au niveau de l'anus.. Je ne comprend rien, je me dis qu'il est fou. C'est le premier viol.

J'ai mal très mal mais il s'en fiche. Je commence à crier mais il met sa main sur ma bouche. Il arrête. Je pars aux toilettes, j'ai très mal aux fesses les jours qui suivent mais je ne dis rien lorsque " ma mère " me demande pourquoi j'ai du mal à m'asseoir.

Le lendemain " ma mère " découvre des grains de riz sur le rebord de la fenêtre.  Elle m'appelle et me demande si le riz de la veille était bon. Je lui ment je dis oui. Je me prend une trempe pour avoir menti et une autre pour avoir gâché de la nourriture.  Elle me fait monter sur une chaise et me fais tout nettoyer, même les carreaux. J'ai peur, j'ai le vertige mais rien n'y fait.

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mardi 4 mars 2008

15) Sa décision

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Je deviens  de plus en plus infecte, je pleure tout le temps, ils me surnomme tous la pleurnicharde ou le bébé.

Ma dernière année de primaire est une catastrophe aux yeux de " ma mère ". Elle me dit que si je continue comme ça, elle me met en pension. Je ne la crois pas. Erreur !...

Je commence à refuser de manger alors elle me force jusqu'à en vomir. J'apprendrais par la suite pourquoi j'ai tous ces problèmes de nourriture...

La fin de l'année scolaire arrive à sa fin, je passe en sixième, je suis heureuse car je vais aller dans le même collège que ma grande soeur. Je déchante très vite lorsque " ma mère " me dit qu'elle m'a trouvé un autre établissement. Je m'étonne et je demande où je vais.

Elle a tout calculé, tout fait derrière mon dos. Elle m'a trouvé une pension. Je pleure, je supplie, je lui dit que je l'aime que je ne ferais plus pipi au lit que je serais très gentille et que je veux rester avec elle.

Elle a une assiette dans la main, je la prend, encore un bleu..

J'ai joué, j'ai perdu ! C'est ma faute, j'aurais du mieux travailler à l'école et être plus gentille.

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16) Mon placement

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Peu avant mes onze ans, elle me place dans un foyer de bonnes soeurs.

Le jour J arrive, " ma mère " me prépare ma valise, je met mon lapin dedans, elle le retire et me dit que je le retrouverais les week end.

Elle vient me conduire avec Marianne, le trajet me paraît très très long et pourtant...

Une grande et haute barrière verte, une chapelle, une grande cour avec une balançoire et trois énormes bâtiments.

Nous sommes reçues pas la Mère supérieur. Je pleure, je ne veux pas rester là. Elle s'en va en me recommandant d'être sage. Je suis perdue, je suis la plus jeune des filles, j'ai à peine onze ans.

Les soeurs sont gentilles. L'une d'elles me présente aux autres pensionnaires qui ont entre quatorze et vingt et un ans.

Je visite les lieux.

Deux grands dortoirs, des lits alignés sur les deux côtés avec une petite table de chevet et une armoire pour chacune d'entre nous.

Les douches sont communes, ça ne me plaît pas...

Un très grand réfectoire, une salle de jeux avec tourne disques, livres, jeux de sociétés et un énorme baby foot. Je suis choquée parce qu'il n'y a pas de garçons alors pourquoi un baby foot ?

Il y a également un grand jardin, mais interdiction d'y aller car c'est le potager. Dans les mois qui suivront il sera notre terrain de jeux et de bêtises favoris... A l'intérieur de ce jardin il y a un chenille avec un chien noir et blanc, c'est Capy et pour finir une grande salle d'étude est à notre disposition pour faire nos devoirs.

Les premiers soirs, je pleure tout le temps. Je m'ennuie de " ma mère ", elle me manque et je n'ai même pas mon lapin pour me consoler. Je continue à mouiller mon lit et le matin j'ai peur de me faire disputer mais les soeurs sont très gentilles, elle ne disent rien.

Les choses qui me dérangent le plus, ce sont les repas et les douches.

Je n'ai pas faim, et je ne mange presque pas. Je n'aime pas manger...

Les douchent sont un calvaire au début, je ne veux pas me déshabiller devant les grandes. J'ai peur qu'elles se rendent compte de ce que mon frère m'a fait...Je traîne toujours pour être la dernière. Quelques fois ça marche, d'autres non.

Je commence à faire des cauchemars, je vais quelques fois réveiller les grandes qui me prennent avec elle jusqu'à ce que je me rendorme. 

Sur ces quatre années de placement, les trois dernières seront les plus belles de mon enfance.

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samedi 8 mars 2008

17) ...

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J'attend le premier week end avec impatience, je veux rentrer chez moi. " Ma mère " doit venir ma chercher vers quatorze heure...

Marianne est seule, elle n'est même pas venue.

Je rentre chez moi, elle est là. Elle ne pose aucunes questions; Rien !

Je lui demande si je vais rester longtemps au foyer et me répond que c'est juste pour une année si je travaille bien au collège et si je suis gentille. Je l'a crois, j'espère, j'ai tort...

Ce premier samedi soir à la maison mon frère ne me touche pas. Je retrouve mon lapin, ma Minette, je suis  heureuse d'être là.

Le dimanche, je demande à " ma mère " si je peux aller voir Betty, elle me dit qu'avant je dois repasser mes affaires pour repartir. Je pleure je ne sais pas repasser, je n'ai jamais touché un fer. J'essaie de faire du mieux que je peux mais le fer est trop lourd, je me brûle. Je ravale mes larmes et je termine avec beaucoup de mal mais au moins je vais voir Betty.

Le moment de repartir arrive, je ne veux pas y retourner, je veux rester à la maison avec " ma mère ".

Elle ne viendra pas me conduire, Marianne fera encore une fois le taxi.

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18) Nouveau collège

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Je rentre au collège quinze jours après. Je ne connais personne, je suis perdue.

Sur les fiches de renseignements, on nous demande notre adresse. Je ne sais pas laquelle mettre alors je met les deux. Mon professeur principal me demande pourquoi, alors je lui explique que je suis au foyer. Il ne dit rein mais derrière moi les autres élèves commencent à discuter ensemble. Je commence à pleurer mais je me reprend car je ne veux pas passer pour un bébé.

Dans cette classe de sixième, je fais la connaissance de Sophie, nous serons amies pendant plusieurs années...

Au foyer, ça se passe bien, je m'adapte vite à ma nouvelle vie, de toute façon je n'ai pas le choix puisque j'en ai pour un an...

Je m'applique pour mes devoirs et j'apprends mes leçons sans difficultés, j'aime à nouveau l'école.

Je demande aux soeurs si je peux aller à la piscine et faire de l'athlétisme le mercredi après midi avec le collège. Elles acceptent, je suis très contente car j'adore le sport. Cette année là je gagnerais le cross des collège.

Un soir je rentre des cours, je goûte et je file dans la salle d'études pour faire mes devoirs. Là, je vois un grand monsieur barbu avec la Mère supérieur. Elle me le présente, c'est le curé.

Je dois faire du catéchisme. La blague ! Je ne sais même pas ce que c'est. Ils s'installent tous les deux à mon bureau et m'explique, ça me barbe, je ne suis pas intéressée. La soeur me dit que je n'ai pas le choix et que ce n'est pas à moi de décider. Donc tous les lundi après les cours j'apprends tout sur le bon Dieu. Finalement mon opinion change, j'aime beaucoup, je deviens croyante...Je fais partie de la chorale même si le dimanche je ne peux pas aller à la messe, ça me servira pour plus tard...J'aime chanter, ça me fait bizarre et quelques fois je pleure en chantant...

Le samedi arrive, je suis contente, je veux raconter tout ça à " ma mère ".

Je prépare ma valise mais la soeur me dit que si je veux rentrer en week end il faut que je prenne le train car il n'y a personne pour venir me chercher.

Je pleure, je n'ai jamais pris le train et toute seule j'ai peur de me perdre. la soeur m'explique que c'est une ligne directe. Je monte toute seule à la gare et je prend le train. Tout se passe bien , j'arrive à destination.

J'arrive à la maison, " ma mère " est dans la cuisine avec Marianne elles boivent un café. Je fais la tête, je ne dis pas bonjour  et je prend la direction de ma chambre. Je pose ma valise et je me dirige vers la porte d'entrée, je veux aller voir Betty.

Elle me dit que je ne sors pas, je demande pourquoi et je lui demande aussi pourquoi elle n'est pas venue me chercher. Elle me dit que l'essence coûte chère, que ce sont des frais en plus de ma pension et que je peux rentrer toute seule car je suis en âge de me débrouiller. Alors je répond du tac au tac qu'elle n'avait qu'à pas me mettre en foyer. J'ai pas vu la claque arrivée mais je l'ai senti...

Pour punition, je me tape le ménage, je deviens la Cendrillon de la maison sauf que  la fée ne viendra jamais me délivrer...Je balaie, je lave les sols et je fais les poussières. Pour aller plus vite, je ne déplace pas les bibelots, je contourne. " Ma mère " très futée vérifie derrière moi mais enlève tous les objets. Je me prend une trempe, une de plus. Elle me dit qu'elle avait décidé de m'emmener avec elle le soir et qu'étant donné que je n'avais pas fais le ménage correctement, je resterais à la maison avec mon frère. Je la regarde droit dans les yeux et pour la première fois de ma vie, je la traite de menteuse. Je lui dit que de toute façon elle ne m'a jamais emmené que c'est toujours les autres qui ont le droit d'aller avec elle, que moi je suis toujours à part. J'ai couru dans ma chambre, je savais que j'allais me prendre une volée. Même pas ! Ce jour là j'ai du la vexé.

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lundi 10 mars 2008

19) ...

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Le soir elle se tire comme convenu et je reste seule avec lui.

Je veux regarder les variétés à la télévision mais mon frère me dit que je dois aller me coucher. Je lui dit non, je le fait courir autour de la table. Il n'a aucun mal à m'attraper, il m'en met une et me dit que si je veux mon lapin j'ai intérêt à aller me coucher. Je comprend aussitôt.

Je vais donc dans ma chambre, je cherche mon lapin mais je ne le trouve pas. Je pleure et me dit que si je veux le récupérer je dois faire ce qu'il me dit.

Je me déshabille, c'est " ma fête ".

Il recommence à me tripoter et à me faire mal avec ses doigts...Je commence à me débattre car il vient sur moi, il est trop lourd et il me fait mal. Je serre les jambes, je ne veux pas. Il force, j'ai mal. Je sens que ça craque dans mon corps, ça brûle, j'ai de plus en plus mal. Son souffle change, j'ai peur. C'est fini !...

Il part dans la cuisine. J'allume la lumière de la chambre, je sens que je suis mouillée entre les jambes. Non, ce n'est pas de l'eau mais du sang. Je prend peur, je pleure encore plus lorsque je vois les tâches sur le drap.

Il fume sa cigarette à la fenêtre de la cuisine, je lui dit que j'ai plein de sang partout, que ce n'est pas normal, il se retourne et me dit que ce n'est pas grave, que grâce à lui je suis devenue une femme. Je ne comprend rien et je ne cherche pas à comprendre. Je m'enferme dans la salle de bain, je vais sous la douche et je me lave encore et encore. J'ai mal au ventre, je ne me sens pas bien.

Je retourne dans ma chambre, enlève le drap et je le met à tremper dans la baignoire sans réfléchir...

Cette nuit là je ne dormirais pas comme beaucoup d'autres...

" Ma mère " rentre le lendemain après midi peu de temps avant que je reparte au foyer. Mes frères et soeurs ne sont pas avec elle. Je lui demande où ils sont, et me répond qu'ils sont chez Gérard. Je demande qui est Gérard, ça ne me regarde pas, fin de la discussion. Elle va me préparer mon nécessaire à toilette dans la salle de bain et me demande pourquoi est-ce qu'il y a un drap qui trempe. J'essaie de lui dire mais rien ne sort de ma bouche. Je lui ment encore une fois en lui disant que j'ai fait un cauchemar et que j'ai mouillé mon lit. J'ai droit à une belle engueulade.

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samedi 15 mars 2008

20) ...

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Je repars au foyer seule en train, je suis malheureuse.

Habituellement je vais toujours dire bonjour à soeur Marie Armel c'est ma préférée et aux filles mais là je monte directement au dortoir et je reste sur mon lit et je pleure.

L'heure du dîner arrive. Soeur Marie Armel me trouve et je me fais enguirlander car tout le monde me cherche et s'inquiète. Ce sont bien les seules...

Je refuse d'aller manger, je n'ai pas faim. Je pleure, elle me demande ce qui ne va pas mais je ne peux pas lui dire. Je lui explique simplement que " ma mère " m'en fait baver à faire le ménage et qu'elle n'est pas souvent là lorsque j'arrive chez moi.

Elle me rassure et me dit que le week end prochain ça ira mieux. Finalement je descend au réfectoire, je dîne mais je suis malade toute la nuit. Le médecin vient et pense à une indigestion.

Les grandes s'occupent de moi, ells m'appellent la petite puce. C'est vrai que je suis encore petite, un peu plus de onze ans.

Je me remet assez vite mais je perd du poids à vue d'oeil, les soeurs commencent à s'inquiéter, c'est normal je ne mange pas.

Le week end suivant, je ne veux pas aller chez moi, je fais la malade et je suis soutenue par les filles. Je dois prendre ma température mais je sais que je ne suis pas malade alors j'appelle Clara pour lui dire que jamais ça ne marchera. Elle prend le thermomètre et va le passer sous le robinet d'eau chaude. Le mercure monte juqu'à plus de 38°. C'est mon premier gros fou rire au foyer, il y en aura d'autres...

Soeur Marie Armel tombe dans le panneau, je reste au foyer. La soeur supérieure téléphone à " ma mère " et lui dit que je suis souffrante. Je suis tranquille pour une semaine.

Cette semaine là, je commence à faire des bétises, je ne suis pas la dernière. Le soir avant le dîner il y a la messe pour les soeurs alors nous en profitons.

Nous organisons une partie de cache cache dans le jardin. Il fait nuit, on entend un bruit et nous partons toutes en courant direction le réfectoire. J'arrive la dernière, je pousse la porte vitrée de petits carreaux, ma main passe à travers, ça me brûle, je me suis sectionnée le pouce.

Grosse panique, je perd beaucoup de sang, les soeurs sont à la messe alors Clara court le plus vite possible et revient avec la Mère supérieur. Résultat, six points de sutures, une belle frayeur mais ça ne nous empêchera pas de recommencer à aller dans le jardin et de faire d'autres anneries...Mon pouce porte une belle cicatrice, un souvenir...

Je rentre à la maison le week end suivant, " ma mère " me vois  débarquer avec le pouce bandé et me demande ce que j'ai. Je lui explique  qu'en jouant avec les filles je me suis blessée et je lui donne la facture.

Je me fais disputer car il faut qu'elle me donne l'argent pour rembourser les soeurs. Je lui dit que ce n'est pas ma faute, que j'en ai pas fait exprès, je m'excuse. Elle m'engueule et me dit que j'en rate pas une. Je lui répond que j'ai quand même mal au pouce. Ce n'est pas grave j'en verrais d'autre qu'elle me répond. Je boude.

Je trouve du changement à la maison. De nouveaux meubles dans la salle à manger avec un joli canapé. Je m'étonne et je demande à " ma mère " depuis quand elle les a. Elle me dit que c'est Gérard ( encore lui ), qui lui a offfert et que ce soir il dîne à la maison. Je suis contente, je vais enfin le connaître.

Mon frère ne sera pas là car il ne veut pas ententdre parler de cet homme.Tant mieux, je vais avoir la paix !

Gérard arrive, il a une tête qui ne me plait pas du tout, je ne suis pas contente. Alors comme je suis une peste, je fais tout pour mettre le bazar à table.

Je mange salement, je met mes coudes sur la table je sais que " ma mère " déteste ça, donc elle râle, je m'en fiche. Je pousse le bouchon un peu trop loin en demandant quand est-ce que je vais aller chez papa. Tout le monde se tait et me regarde. Elle me répond que ce n'est pas le moment de parler de mon père et que de toute façon je ne suis pas prête d'y aller puisque les autres ne veulent plus y aller. Je répond que ce n'est pas juste car je n'y suis encore jamais aller. Elle crie, je pousse mon assiette et je vais dans ma chambre en claquant la porte. Elle crie en disant que si je reclaque la porte, elle se lève. Alors moi, mauvaise comme une teigne je reclaque la porte. Je ne veux pas de ce mec à la maison, en plus je le trouve moche.

Elle se dérange et me met une baffe, je ne pleure pas et je lui dit qu'elle n'est pas belle. Elle lâche " l'affaire " et me dit qu'elle règlera ça demain.

J'ai la paix et doublement car mon frère ne rentre pas de la nuit.

Le dimanche matin, je me lève et je vois Gérard dans la cuisine  et je lui demande pourquoi il est déjà là. Il me répond qu'il a dormi à la maison.

Mon frère arrive complètement ivre, il se dispute avec lui. l'appartement résonne de cris et de pleurs, nous avons peur. Ils en viennent aux mains, Gérard part pour ne plus revenir, mais il y en aura d'autres... Ce jour là dans ma tête je remercie mon frère.

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